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dimanche 13 février 2011

Mise à jour de la Saint-Valentin: quatre annonces

Cette semaine, on s'amuse. C'est un peu le lot de l'historien que de devoir se remonter le moral quand les sources ne révèlent pas les secrets espérés ou attendus. Ou disons, c'est plutôt thérapeutique que de me rappeler, en rapportant quelques annonces savoureuses, que si un sujet n'est pas aussi évident à traiter qu'il ne le paraît, il reste toujours certaines étrangetées (sic) d'époque. Parmi celles-ci, j'ai trouvé une annonce de bière où l'annonceur a traduit ALE par AILE, facilitant, j'imagine la prononciation et n'aidant certainement pas les recherches des historiens d'aujourd'hui (quoiqu'une fois qu'on le sait...).

Ainsi, plutôt que mon sujet initial (que je ne révélerai pas, si un jour je trouve les bonnes sources, il sera en banque), je vous présente quatre annonces des journaux de la ville de Québec. D'une façon ou d'une autre, elles ont toutes un petit quelque chose de sympathique. Toutes les images sont tirées des énormes efforts de numérisation entamés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec. En passant, je vous suggère fortement d'aller signer la l'appel pour la numérisation du patrimoine culturel québécois en cliquant sur le précédent lien. Toutes les transcriptions sont intégrales. Si jamais leur usage n'est pas conforme avec les politiques de droits d'auteurs, je m'attends à être contacté et je les enlèverai rapidement. Je rappelle dans le même souffle qu'aucune source de revenu direct n'est tirée de ce carnet ou de la reproduction de ces images.

Pour la première, ce genre d'annonces a longtemps été assez commun, mais il est toujours sympathique de voir les courbettes littéraires autour de la rédaction (parue dans Le Canadien, 20 février 1843, p. 4)
AVIS.
Le soussigné ayant été informé que des personnes ont, depuis quelques temps, vendu des articles comme provenant de sa boutique, d'une qualité inférieure à ceux qu'il confectionne, prie ses amis et le public de vouloir remarquer ceux qui leur offrirent, en son nom, aucun article dans sa branche. Il prend cette occasion de leur offrir ses remerciements pour l'encouragement libéral qu'il a reçu, et les engage à vouloir continuer à le favoriser. 
PIERRE ALLARD, Pâtissier.
St. Roch, 13 janvier 1843.
N.B. Il offre en vente une quantité de brique des Trois-Rivières, à bas prix.

Pour la seconde, à une époque où la peinture se vendait de façon légèrement différente. (Le Canadien, 20 septembre 1852, p. 1).
M. FRANQUINET, artiste peintre, membre de l'académie de Anvers, étant arrivé dans cette ville, a ouvert son atelier RUE ST. JEAN, chez M. PROVAN, confiseur. Les personnes qui lui feront l'honneur de le visiter trouveront différents ouvrages peints par lui, entre autres "l'Enfant St.-Jean-Baptiste" et le "Pasteur Fido", d'après deux célèbres tableaux de Marillo, qui sont dans la galerie nationale de Londres. Il se propose de donner des leçons au pastel ou crayons de couleurs, genre qui convient éminemment aux dames.
Il fait également des portraits au crayon de couleurs.
Québec, 16 août 1852.

Une petite annonce sympathique de marchand de chaussure (Le Franc-Parleur, 28 juillet 1870, p. 7).
 AVIS.
A Messieurs les Marchands.
Si vous vous apercevez que vos confrères vendent de belles et bonnes CHAUSSURES en détail, au même prix qu'elles vous coûtent en gros, n'en soyez pas surpris, mais faites ce qu'ils font. Adressez-vous pour vos achats au soussigné, Fabricant de chaussures en gros, Nos 317 et 319, Rue St-Paul, Montréal.
G. BOIVIN.

Pour terminer, une annonce parue dans le journal The Quebec Daily Mercury (14 février 1903. p.4). J'imagine que ce sont les mêmes « compagnies » qui aujourd'hui surveillent les accès aux comptes courriel de millions d'Internautes...

Insures love and a happy home
Health, strength and vigor for men
How any man may quickly cure himself after years of suffering from sexual weakness, loss of vitality, night loss, varicocele, etc., and enlarge small, weak organs to full size and vigor. Simply send your name and address to Dr. Knapp Medical Co., 1904 Hull Bldg., Detroit, Mich., and they will gladly send the free receipt with full directions so that any man may easily cure himself at home. This is certainly a most generous offer, and the following extracts taken from their daily mail, show what men think of their generosity.
"Dear Sirs:- Please accept my sincere thanks for yours of recent date. I have given your treatment a thorough test and the benefit has been extraordinary. It has completely braced me up. I am just as vigorous as when a boy and you cannot realize how happy I am."
"Dear Sirs:- Your method worked beautifully. Results were exactly what I needed. Strength and vigor have completely returned and enlargement is entirely satisfactory."
"Dear Sirs:- Yours was received and I had no trouble in making use of the receipt as directed, and can truthfully say it is a boon to weak man. I am greatly improved in size, strength and vigor. "
All correspondence is strictly confidential, mailed in plain, sealed envelope. The receipt is free for the asking and they want every man to have it.

mercredi 3 mars 2010

Bon un autre petit retard...

Les circonstances m'empêchent de vous fournir une mise à jour acceptable ce soir, elle ira donc à dimanche prochain. Cela voudra cependant dire une mise à jour dimanche le 7 ET mardi le 9 mars 2010! La faute revient aux nombreuses chroniques laissées par nos officiers français ou leurs biographes et une tonne d'information que je veux vérifier. Donc ce sont les Lévis, La Pause et Malartic  (pour ne pas les nommer) qu'il faut blâmer.

Autrement, petite anecdote intéressante sur le même sujet, donc la guerre de la Conquête et les préparatifs à la bataille de Sainte-Foy: 

Il faut se replacer à l'époque des auteurs quand nous lisons des textes de cette époque. Ainsi, les correspondances font preuve de délicatesses, de formules de politesses à n'en plus finir. Mais elles révèlent parfois des pratiques intéressantes de la façon de faire la guerre à cette époque que certains commentateurs appellent la guerre en dentelle.

Ainsi, le capitaine John Knox (édition de 1769, volume 2, pp.252-254) rapporte une réponse à une rumeur qui court dans l'entourage du Gouverneur militaire Murray en février 1760:
« M. de Levis, in order to display a little French humour, and to raise the drooping spirits of his army, has proposed to lay a wager of five hundred louis-d'ors, with General Murray, that a French fleet will arrive here, before a British one. To this he received the following spirited answer: — 'I have not the least inclination to win your money; for, I am very certain, I shall have the honour to embark your Excellency, and the remains of your half-starved army, for Europe, in British bottoms, before the expiration of the ensuing summer.' »
Le message disait donc que Lévis était prêt à parier 500 louis d'or avec Murray que la première flotte à mouiller près de Québec serait française. Ce à quoi Murray répondit qu'il n'espère pas gagner l'argent de Lévis puisqu'il est convaincu que les Français seront embarqués sur des bateaux britanniques d'ici la fin de l'été. Ce genre de gageure était, sans être la norme, assez fréquent. On peut d'ailleurs retrouver un exemple à peu près semblable entre le général Abercromby et Louis-Antoine de Bougainville au fort William-Henry qui gagent une caisse de champagne contre une caisse de bière si les Britanniques parviennent à prendre Louisbourg à l'été 1758...

Il ne pouvait presque pas mieux prédire la fin de l'été 1760 pour l'armée française...

À dimanche!!

mardi 16 février 2010

Anecdote en attendant la mise à jour...

Des circonstances un peu hors de mon contrôle font que je ne peux pas faire de mise à jour avant demain soir... Elle viendra, un petit sujet "Olympiques" pour l'occasion, vous verrez.

En attendant, voici une petite anecdote pour vous faire patienter. Ce que vous allez lire provient des écrits du capitaine John Knox, un officier britannique qui a participer au siège de Québec. C'est un extrait dont vous trouverez la source en fin de texte qui présente l'exécution à venir de deux soldats. Cette histoire est rapportée le 16 décembre 1759:

The two men, who were condemned to die for robbery, have thrown dice for life, the Governor having been generously pleased to pardon one of them; eleven was the lucky number, which fell to the lot of a soldier of the forty-third regiment, who, it was remarked, did not discover the least satisfaction upon the occasion, either by his complexion or otherwise: the other poor fellow was instantly executed, and behaved quite undaunted, though with great decency.

Grosso modo, deux soldats, accusés de vol dans la ville de Québec occupée par l'armée britannique, reçoivent une opportunité de sauver leur peau en... tirant les dés. Le résultat le plus fort sur deux dés aura la vie sauve (un homme du 43rd Foot, un régiment d'infanterie) alors que son compagnon sera exécuté sur le champs. Pratique un peu barbare, mais qui fût, semble-t-il, répandue dans l'armée britannique, surtout dans les cas de crimes "à grands déploiements" (mutineries, peur devant l'ennemi sur le champs de bataille, etc.). On exécutait alors un soldat sur dix, celui qui avait le moins bon résultat, en exemple.

Je n'en sais malheureusement pas beaucoup plus que ceci et je ne connais pas l'origine exacte de cette pratique si ce n'est que Jules César aurait utilisé une technique un peu semblable pour punir ses soldats à la suite d'une quelconque contre performance (sic). Une pratique qui peut surprendre.

Source
KNOX, cpt. John. An Historical Journal of the Campaigns in North America... . Londres, 1769, volume 2, p. 232 (16 décembre 1759).